MOMENT DE VÉRITÉ

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AVEC BRUNO CLÉMENT, CEO ZEPRESENTERS

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19 – Les 4 niveaux de langage pour être compris par tous !

Imaginez. Vous êtes confortablement installé dans le fauteuil d’une salle événementielle et votre boss entre sur scène et commence comme ça.

« Bonjour à toutes et à tous. Vous le savez, nos clients, les millénials, vivent dans un écosystème digital omnicanal et ont développé un mode de consommation anywhere, anytime, any device. C’est la raison pour laquelle nous devons nous lancer dans le M commerce en leur proposant une nouvelle expérience de marque en phase avec leurs usages digitaux mobiles. J’ai confiance en vous et je sais que nous y arriverons grâce à trois facteurs clés de succès. L’agilité, le design thinking et bien entendu, le data driven. Voilà pour l’essentiel du projet que nous allons développer dans les prochains mois. Je compte sur vous, il est cristal clair. Let’s go back to work and see you next quarter”.

… En vrai, on lance une nouvelle application iPhone qui va vraiment simplifier la vie de nos clients.

J’ai toujours été fasciné de voir à quel point l’être humain, dès qu’il est dans un environnement professionnel, a la capacité de rendre complexes les choses simples.

Tout le monde jargonne plus ou moins.

Et c’est souvent un moyen d’affirmer une forme d’expertise, mais aussi d’exprimer notre appartenance à une tribu sociale, notre entreprise, notre métier, notre spécialité, notre corporation. Et je vais vous faire une confidence, chez ZePresenters, tout ce bla bla conceptuel, on adore ça !

Parce que ça donne du sens à notre métier, le conseil en stratégie narrative.

Comprendre la complexité des stratégies des entreprises et les traduire en des idées claires et des histoires inspirantes qui donnent envie aux gens de se mobiliser. Bref, comme j’ai l’habitude de le dire, transformer du What the fuck ? En du yes, we can !

Et aujourd’hui, je vais partager avec vous un modèle qu’il est très utile de connaître pour être compris par tous : La pyramide sémantique.

Cette pyramide est composée de sa base à son sommet des quatre noms de niveau de langage que l’être humain utilise pour se faire comprendre du plus accessible au plus complexe : le vécu, l’analogie, le modèle et le concept.

En bas de la pyramide sémantique, il y a le vécu.

Le vécu, tout le monde comprend, car c’est le niveau de langage que nous utilisons tous les jours, celui de l’histoire. Le truc de dingue qui vous est arrivé ce week end, la confidence que l’on fait à un ami, l’anecdote que l’on raconte sur les coulisses d’un projet, la démonstration de l’usage d’un produit ou d’un service, tout est prétexte à l’histoire et tout le monde adore ce niveau de langage, car il est concret, donc facile à appréhender.

Au-dessus du vécu, il y a un second niveau de langage très utile et efficace pour faire comprendre simplement des sujets complexes, l’analogie.

Le monde du digital utilise beaucoup ce niveau de langage. Par exemple, le cloud est une analogie. Je vais peut-être vous casser un rêve, mais non, les photos de votre téléphone ne sont pas stockées dans les nuages, mais sur des bons vieux serveurs informatiques basés dans d’immenses data centers.

C’est tout de suite moins glamour. Mais l’intérêt d’utiliser le mot cloud est de vous faire passer l’idée d’un accès permanent à vos données, quel que soit l’endroit où vous vous trouvez dans le monde.

Le troisième niveau de langage, c’est celui du modèle.

Qui permet de représenter et d’écrire comment ça marche. Comme une méthodologie, un process, des règles de fonctionnement, un dispositif, un business model. La pyramide sémantique est un modèle. Pour rester dans l’univers du digital, Uber repose sur le business model des plateformes. Et si je m’arrête là et que vous n’êtes pas du métier, je vous ai forcément perdu. Donc, si je veux vous faire comprendre le modèle économique d’Uber, il va falloir que je redescende à un niveau sémantique plus accessible, le vécu. Concrètement, Uber gagne sa vie en mettant en relation, grâce à une application mobile, un client qui a besoin de se déplacer et un chauffeur disponible dans une même zone géographique. Ce service rendu est rémunéré par une commission de 25% du prix de la course et ça, c’est le modèle économique des plateformes.

Enfin, le quatrième et dernier niveau de langage, c’est le concept, celui des grandes idées et des grandes théories.

Le niveau conceptuel est celui que préfèrent toutes nos élites, les politiques, les penseurs, les philosophes, les stratèges. Bien entendu, je ne remets pas en cause l’importance de conceptualiser des grandes idées. C’est même, à mon avis, un élément essentiel qui contribue au progrès de l’humanité. Mais ce niveau de langage est pernicieux, car non seulement il n’est pas compris du plus grand nombre, nous n’avons pas tous le QI d’Albert Einstein, mais surtout, il a le défaut de pouvoir être utilisé pour dire tout et n’importe quoi dans n’importe quel sens en donnant l’illusion d’une pseudo expertise.

C’est donc le niveau préféré des beaux parleurs que je décrypte dans l’épisode 9 de ce podcast.

Prenons un exemple avec trois concepts à la mode. L’agilité, la transformation digitale et le big data.

Je pourrais dire l’enjeu du big data, c’est d’abord un enjeu d’agilité, car sans agilité, nous ne pourrons pas réussir notre transformation digitale. La magie de ces mots concepts, c’est que je peux les mixer dans n’importe quel ordre et ça marche. L’enjeu de notre transformation digitale, c’est d’abord un enjeu de big data. Sans big data, nous ne pourrons pas devenir une entreprise agile. Allez, une petite dernière pour la route.
L’enjeu de l’agilité, c’est d’abord un enjeu de transformation digitale. Sans transformation digitale, nous ne pourrons pas mettre le big data au cœur de notre entreprise.

C’est effrayant, non ? Alors, qu’est-ce que vous devez retenir de tout cela ?

Comme le dit l’adage populaire, un exemple vaut mieux qu’un long discours.

Si vous voulez être compris par tous, il est préférable d’utiliser les niveaux de langage les plus accessibles, à savoir le vécu et l’analogie, pour faire comprendre un modèle, voire un concept. En clair, d’abord, vous illustrez votre propos en racontant que ce weekend, vous avez fait une super balade en forêt de Fontainebleau pour faire comprendre qu’en fait, cette balade, c’est une expérience de mobilité douce dans un écosystème durable.

N’oubliez pas que prendre la parole, c’est prendre le pouvoir, mais c’est un pouvoir que le public vous accorde le temps de votre intervention. C’est lui qui a le vrai pouvoir, celui de vous écouter ou pas. À vous de décider ce que vous voulez faire de ce pouvoir, jargonner et étaler votre expertise ou avoir à cœur de partager clairement vos idées pour mobiliser autour de vos projets.

Pour terminer, comme exercice pratique, je vous propose tout simplement de prendre un projet sur lequel vous travaillez et de le raconter grâce aux quatre niveaux de langage, le vécu, l’analogie, le modèle et le concept.

Merci d’avoir écouté ce 19ème épisode de Moment de Vérité. La semaine prochaine, je vais revenir sur un sujet qui est très attendu, le trac, et je vais partager avec vous mes trois techniques efficaces pour diminuer votre trac.

8 min
Saison 2
Publié le 29 septembre 2020
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