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Comment mieux utiliser les chiffres dans vos présentations ?

Les chiffres c’est un peu comme les épices. On a souvent peur de mal les utiliser. On craint soit de ne pas en mettre assez et que le plat paraisse trop fade, trop simple. Soit, au contraire d’en mettre trop, de noyer les autres ingrédients et de ne plus rien comprendre à ce qu’il se passe dans l’assiette. L’équilibre des saveurs est donc loin d’être un talent inné ! Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il ne vous reste plus qu’à jeter l’éponge. Bien utiliser les chiffres, c’est comme le goût, ça se travaille !

Alors comment faire pour bien utiliser les chiffres dans ses présentations ? Voici trois conseils pour réussir vos meilleures préparations :

 

I) Trouvez le bon dosage :

Saviez-vous que sur 100% d’un message après 3 jours on ne retient en moyenne que 3% de celui-ci ? Cela veut dire que pour des prises de parole de 1h, on ne retient que 1min48 de ce que l’on a pu nous raconter. C’est déjà peu. Alors imaginez maintenant que pendant cette heure de prise de parole  :

Option 1 : Vous avez submergé votre auditoire de chiffres en tout genres. Des tableaux, des échelles, des analyses, des objectifs etc. Tout y est passé ! 

Pas besoin de vous faire un graphique pour vous dire qu’il est très peu probable que votre auditoire ne se souvienne ne serait-ce que d’un seul chiffre. Et plus que la mémorisation, le véritable problème, c’est qu’en partageant un grand nombre d’informations vous donnez aussi le sentiment de ne pas savoir faire le tri entre ce qui est essentiel à partager et ce qui est important. À vouloir trop en faire, vous risquez de perdre en crédibilité en tant qu’expert dans votre domaine. Pire encore, certaines personnes pourraient penser que cet amas de chiffre est là pour cacher quelque chose d’autre …

Option 2 : Vous n’avez pas du tout partagé de chiffres pendant votre présentation. Ou alors vraiment très furtivement. 

C’est dommage ! S’ils ne sont pas toujours obligatoires, les chiffres restent de solides alliés pour concrétiser votre propos et crédibiliser votre idée. Ils permettent de passer de “l’incantatoire” au réel.

Exemple : “Dans le futur, on sera très bien positionné sur le marché” versus “On sera 3ème leader mondial sur le marché d’ici 5 ans”.

Choisir de ne pas partager de chiffre est un choix, et cela s’entend. Mais attention ! Il faut garder en tête que selon votre audience et leurs attentes, cela peut aussi donner une fausse impression : celle que vous avez peur de vous engager sur des objectifs précis. 

Le bon dosage se trouve donc au croisement entre ces deux options. Pour vous aider: 

  1. Demandez-vous toujours si votre chiffre est essentiel à partager pour la compréhension ou pour mobiliser votre auditoire. S’il ne l’est pas, et qu’il est juste utile pour vous ou que c’est une information supplémentaire, ne le partagez pas. 
  2. Retenez les fameux 3%, et demandez-vous quel est ou quels sont les chiffres que vous souhaitez absolument que votre auditoire retienne. 

Vous verrez, en respectant ces petites règles, vous arriverez à faire de meilleurs arbitrages. 

 

II) Facilitez la digestion :

Quand on parle de chiffres, il existe une vérité absolue : le cerveau ne comprend pas les grands chiffres. Oui, c’est un fait scientifique. On ne peut pas saisir l’entièreté d’un grand chiffre mais seulement en avoir une vague impression. 

Par exemple, si l’on vous demande la différence entre un million et un milliard ? Il est évident que l’un est plus grand que le second. Pour autant, l’ampleur de cet écart reste plutôt floue. Ce qui veut dire que si vous partagez un grand nombre en présentation, votre auditoire se dira exactement la même chose : “Oui, c’est un grand chiffre”, mais s’arrêtera là. Il lui sera impossible de réaliser à quel point le chiffre est grand ou important, et que celui-ci marque véritablement son esprit. 

Attention, cela ne veut pas dire que les grand chiffres ne servent à rien ! Mais il est de votre devoir d’en faciliter la compréhension. Imaginez, maintenant que vous ajoutiez à l’expérience du-dessus un référentiel. C’est-à-dire que l’on vous demande la différence non plus entre “1 million et un 1 milliard” mais entre “1 million de secondes et 1 milliard de secondes”. Et bien, ici, contrairement à avant, la différence devient immédiatement saisissable et palpable si vous ajoutez : l’un représente 11 jours contre un peu plus de 31 ans pour l’autre. 

Associer un référentiel à vos chiffres, c’est donc le meilleur outil à votre disposition pour faire d’une pierre deux coups en présentation. D’une part cela va vous permettre de sortir le public de sa torpeur face à une monotonie de récitation de chiffres qu’il ne comprend pas. Et d’autre part cela va vous permettre de favoriser la mémorisation de ceux-ci. Ce serait dommage de s’en priver ! 

 

III) Servez-vous en pour raconter une histoire :

La plupart du temps, les chiffres sont “fades” en présentation à cause de leur manque de sens. En effet, il est particulièrement difficile de s’identifier à un chiffre. Et il est encore plus difficile de se mobiliser pour un chiffre s’il l’on ne se sent pas directement concerné. Un chiffre ce n’est pas palpable, ce n’est pas concret en soit. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les rapports sur le climat rédigés et partagés depuis des années pour se rendre compte que cela ne suffit pas pour mobiliser des individus, des politiques et des États sur la nécessité de se transformer. 

Joseph Staline a dit un jour : “La mort d’un homme est une tragédie. La mort d’un million d’hommes est une statistique.”. Quoique l’on puisse penser du personnage, cette citation est particulièrement pertinente et importante à garder en tête. Un pourcentage, un nombre, une multitude : c’est une masse floue.

Pour parler de déforestation par exemple : Commencez par parler d’un cas unique d’un arbre. Présentez-le : “Il est vieux depuis plus de 100 ans, il nous permet de transformer X tonnes de CO2 en oxygène, il protège tant d’espèces etc.”. Et mobilisez sur sa “tragédie unique”. Une fois que votre public aura saisi le sens de l’urgence à sauver cet arbre, ce n’est qu’à ce moment que vous devez élargir le cadre en disant par exemple: “Et des arbres comme celui-ci en danger de déforestation, il en existe plus de 10 000 dans cette forêt.”. Ainsi, d’une simple statistique informative, vous mobilisez, démultipliez votre impact et ancrez votre propos auprès de votre auditoire. Ce n’est plus flou, parce que ça a du sens pour votre public, il peut l’imaginer.

 

En conclusion, les chiffres sont partout autour de nous mais il n’est pas toujours facile de les apprivoiser ! Et pour réussir à les amadouer, il faut s’exercer. D’ailleurs, si les chiffres sont une problématique que vous ou vos équipes rencontrez au quotidien, nous vous invitons à notre prochain webinaire : “ Finance, comptabilité, AO : au secours j’ai plein de chiffres à présenter !” nous y verrons plus en détails toutes les techniques à votre disposition pour renforcer l’impact de ces chiffres et l’intérêt qu’ils suscitent. Cela vous intéresse ? Inscrivez-vous, gratuitement, ici.

A propos de cecilechuffart

Cécile s'est initiée au storytelling au sein de grandes maisons de luxe. Animée par l'envie de défendre les idées et ceux qui en sont à l'origine, c'est bien de fils (narratifs) en aiguille qu'elle décide de rejoindre ZEPRESENTERS, avec un seul objectif en tête : tisser des histoires fortes pour rendre chaque idée désirable !