DRAMATISER VS POSITIVER : COMMENT BIEN PLACER LE CURSEUR ?

Que ceux qui ont déjà été confrontés à la résistance au changement, lèvent la main ! Si nous étions dans une salle pleine, il est certain qu’une bonne majorité l’aurait fait. Vous voulez un secret ? C’est normal ! Notre cerveau adore automatiser des tâches. Alors forcément, lorsqu’on lui demande de changer, il n’est pas trop d’accord. C’est pourquoi il est important de s’armer d’outils efficaces pour accompagner le changement. Et l’une de vos premières armes c’est la communication ! Mais pas n’importe laquelle, et pas n’importe comment. On ressent parfois le besoin de dramatiser un peu les choses pour mettre tout le monde en mouvement. Et dans d’autres circonstances on se demande si les gens n’en ont pas un peu marre d’entendre dire que l’entreprise risque sa peau à chaque fois qu’on doit faire une proposition stratégique. Dramatiser VS positiver, comment bien placer le curseur ? 

 

Notre cerveau ne connaît pas le futur

Dans un podcast de Vlan dédié au développement de l’esprit critique chez l’enfant (episode #206), Samah Karaki, neuroscientifique, revient sur le fait que le futur est un concept extrêmement abstrait pour notre cerveau, voire un concept quasi inexistant. 

Malgré des milliers d’années d’évolutions, notre cerveau reste celui d’un chasseur cueilleur. Et à l’époque, pas de futur envisageable, passer la journée sans se faire manger par un prédateur c’était déjà pas mal ! Cette non compréhension du futur a donné lieu à notre très chère procrastination qui nous accompagne malgré nous. 

Il est donc bien difficile de se mettre en mouvement dans le présent pour combler un besoin futur, qui par la force des choses, n’existe pas encore. Alors forcément, lorsqu’il s’agit d’embarquer vos équipes pour un plan à 5 ans, imaginez la complexité structurelle dans laquelle on positionne le cerveau. Ce projet n’est pas pour demain, ni pour dans une semaine, mais pour dans 5 ans ! C’est exactement pour cela, qu’il va falloir accompagner efficacement vos équipes. 

 

Être clair sur les enjeux présents que représentent les risques futurs

Personne n’aime perdre

Bien que chacun veuille faire son travail correctement, le cerveau est sans cesse en quête de satisfaction immédiate. (D’où l’attrait facile pour les bonbons et les chocolats, au détriment des brocolis…) “Si je fais ce travail maintenant, je n’en aurais les bénéfices que dans 5 ans. Quel est l’intérêt ? Qu’est-ce que je gagne là, tout-de-suite, à fournir plus de travail ?” 

C’est pourquoi bien souvent la dramatisation est notre allié ! Personne n’aime perdre. C’est pourquoi il est important d’être clair sur les risques qui se dressent devant soi si on ne change pas notre manière de faire. Mais encore une fois, il faut que ces risques soient partagés. Si on ne parle que des parts aux actionnaires… aoutch ! Raté.
Parlez-leur d’eux, de leur quotidien, de leur épanouissement dans ce travail, de leurs primes… Et si vous avez du mal à trouver le juste équilibre, tentez la technique des 5 “pourquoi” ! 

Comment utiliser la technique des « 5 pourquoi » ?

  1. Posez-vous d’abord la question : quel est le problème ou le besoin que nous avons ?
  2. Demandez-vous ensuite : pourquoi avons-nous ce problème ?
  3. Puis à cette réponse, demandez-vous à nouveau « pourquoi ».
  4. Et ainsi de suite jusqu’au 5ème

Cet exercice vous permettra d’aller creuser au coeur du problème et ainsi l’évoquer de façon plus claire, concrète et impactante.

 

Trop de dramatisation, tue la dramatisation

Bien que l’on s’assure une plus grande mobilisation face au risque de perdre, pas question d’entrer dans le drame ! 

Non, nous n’allons pas mourir parce que nous aurons obtenu 3 points de pourcentage en moins sur les objectifs de la croissance du CA. Non, nous ne perdrons pas notre emploi si le produit sort 2 semaines plus tard que prévu. 

Certains sujets sont à eux seuls des sujets bien dramatiques. Dans ce cas, abaisser le moral des troupes ne vous aidera pas à atteindre vos objectifs. C’est pourquoi il peut être plus intéressant de parler des opportunités à réaliser le projet, de donner à voir un peu de lumière et de positivité. La bande annonce du film “Demain” en est un parfait exemple. 

 

En conclusion, vous devez être clair sur les enjeux de votre projet et vous assurez de les partager efficacement avec vos équipes. Dramatiser et positiver sont des alliés de taille pour mettre en mouvement notre cerveau procrastinateur. À vous d’être suffisamment au clair sur le sujet pour mettre le curseur au bon endroit. Tout en sachant faire preuve de souplesse. Il faudra parfois réajuster votre dosage en fonction des humeurs et des conditions dans lesquelles vous travaillez. 

A propos de Mégane Cajot

Mégane a vécu sa première expérience du Pitch en se prêtant à l'exercice lors de la première édition de VivaTechnology en 2016. Par la suite, ses différentes expériences dans l'écostystème des startups d'EURATECHNOLOGIES, lui ont fait prendre conscience que ce qui l'anime c'est de soutenir et accompagner les porteurs de projets. Après plus d'un an chez PUBLICIS et une expérience internationale pour découvrir le monde, elle est revenue en France avec une forte envie de partager tout son savoir en continuant d'apprendre de ceux qu'elles rencontrent. Déterminée à faire de sa passion son métier, elle rejoint ZEPRESENTERS en 2019. Travaillant en binôme avec les fondateurs Bruno CLEMENT et Sébastien BERNARD, elle a déjà travaillé sur de nombreux projets avec TF1, ADEO ou RABOT DUTILLEUL. Sa mission : vous aider à transfortmer des stratégies complexes en des histoires claires, inspirantes et incarnées. Son motto : Se lancer, c'est déjà un premier pas vers la réussite.