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Comment vendre le storytelling à votre manager ?

Lorsque l’on a compris l’intérêt de passer en mode histoire, il devient difficile de continuer à concevoir des présentations comme avant. On a envie de renverser la table et de voir tout le monde adopter des structures narratives qui captent davantage l’attention et marquent plus fortement les esprits. Mais si vous êtes dans ce cas, vous savez à quel point on peut rapidement se heurter à l’incompréhension ou la résistance des collègues. Et c’est encore plus délicat quand cette résistance vient de votre propre patron. Comment convertir votre manager et en faire un ambassadeur du storytelling ?

 

D’abord, s’aligner sur les enjeux.

La prise de parole est de plus en plus centrale dans nos organisations. Pour sensibiliser, alerter et décider, que ce soit de manière formelle ou informelle, la parole est déterminante à toutes les étapes de vos projets. Et le digital n’y change rien, bien au contraire. L’usage massif du télétravail est venu ajouter de nouveaux rituels : webinaires, podcasts, ateliers virtuels, etc. Ce qui paraissait gadget est devenu du quotidien. Et derrière tous les outils numériques que vous utilisez, il y a au cœur un média qui reste incontournable : un être humain qui s’adresse aux autres et leur propose de changer les choses. 

On pourra vous opposer que le digital n’apporte pas que du progrès et qu’il est devenu compliqué de maintenir l’attention des équipes à distance. Comment savoir ce que chacun est en train de faire derrière son écran ? Même si l’on est clairement plus tenté de faire autre chose que lorsque l’on était côte à côte au bureau, il ne faut pas non plus avoir la mémoire courte. Et il est nécessaire de rappeler qu’avant la crise sanitaire les réunions étaient déjà montrées du doigt et perçues comme chronophages et contre-productives.

 

Ensuite, traiter les résistances.

Il est important de rappeler que nous accompagnons beaucoup de managers qui rencontrent eux-même des difficultés à imposer le storytelling parmi leurs équipes. Mais ce n’est pas l’objet de cet article. Alors, pour être concret, on vous a préparé un petit florilège des principales résistances que rencontrent les participants à nos formations lorsqu’ils essaient de changer les choses.

 

“On a toujours fait comme ça !” 

Eh oui, c’est un classique. Mais comme tous les classiques, il manque rarement à l’appel dès que l’on veut changer quelque chose. Il est tentant de faire remarquer que l’être humain n’a pas toujours fait des exposés, encore moins avec un support PowerPoint. En revanche, aussi loin que puisse remonter l’archéologie, homo sapiens a toujours utilisé les histoires pour transmettre le savoir et les éléments culturels qui soudent une société humaine. Mais ce n’est jamais en pointant les contradictions de quelqu’un que l’on parvient à le faire changer d’avis, bien au contraire.

Il est plus intéressant d’aborder le storytelling sous l’angle méthodologique. C’est tout l’intérêt du HUBSTORY® : proposer un process pas à pas qui transforme les idées en histoire. Cela évite de mettre en avant le caractère anecdotique du storytelling pour insister sur sa capacité à capter et maintenir l’intérêt.

Avoir une méthode robuste permet de développer plus facilement une nouvelle manière de faire et de la diffuser auprès des équipes.

 

“Ça ne respecte pas le process !”

C’est vrai que l’on tente régulièrement de codifier la manière dont on prend la parole. En multipliant les règles mal inspirées, on en est venu à imposer des templates et des formats contre-productifs. Ces conventions n’ont qu’un objectif : arrêter de perdre du temps avec des présentations verbeuses et sans intérêt. Et la plupart du temps, le remède est pire que le mal.

Encore une fois, ne cherchez pas à vous opposer frontalement. Injectez plutôt le storytelling en amont de vos interventions, comme une étape rapide et informelle. Face à la proposition de synthétiser en 5 à 10 min un projet complexe en une idée simple et captivante, on vous opposera rarement un refus catégorique. Vous aurez tôt fait d’en faire un nouveau rituel et l’on vous fera rapidement remarquer : “Tu ne commences pas par ton pitch aujourd’hui ?”.

Votre objectif n’est pas d’affirmer que vous avez raison mais de donner aux autres l’envie de faire autrement.

 

“Le storytelling, c’est une mode, ça ne va pas durer !”

Là, on se confronte à un déficit culturel. Le storytelling n’est pas né avec Steven Spielberg et les Spin doctors. Aristote surfait déjà sur la vague et Ciséron s’amusait déjà à le modéliser. C’est une mode qui dure déjà depuis quelques milliers d’années et qui n’est pas prête de s’arrêter. 

Les universitaires qui ont travaillé sur l’art du récit ont découvert quelque chose de troublant. Les humains se sont installés tout autour du globe et ont conçu des sociétés aux valeurs parfois radicalement opposées. Pourtant, lorsque l’on étudie les récits, quelque soit la culture ou l’époque, une même structure émerge. À chaque fois que l’on raconte quelque chose qui nous tient à cœur, on utilise, sans même en avoir conscience, un même schéma.

Appliquer le storytelling à vos présentations revient à développer un nouveau réflexe. Vous présenterez vos projets de la même manière que vous racontez votre week-end : sous la forme d’un récit captivant porteur d’une idée et d’une intention.

 

“C’est de la manipulation, ce n’est pas nos valeurs !”

Il est rare d’aborder longtemps le sujet du storytelling sans que la notion de manipulation soit évoquée. L’inquiétude est légitime et nous l’avons souvent traitée. Il est tout à votre honneur de faire attention à ceux qui vous écoutent. Mais pas au dépend de votre propre impact.

Des études scientifiques ont révélé le fabuleux pouvoir des histoires. Lorsque l’on écoute un récit, notre cerveau est à la fois en retard – il a besoin de 2 à 3 sec pour assimiler ce que vient de dire l’orateur – et en avance – car il ne peut s’empêcher de faire des hypothèses sur ce qui va se produire dans les 2 à 3 sec qui viennent. C’est cette dynamique qui nous rend aussi addictifs aux histoires. 

Le storytelling, c’est l’art de parler à notre cerveau. Il est effectivement urgent de ne pas laisser cet art au service des manipulateurs qui défendent leur propre intérêt et de la mettre au service de ceux qui défendent leur projet, leur équipe et leur entreprise.

 

Et si ce n’est pas suffisant ?

Effectivement, il n’est pas certain que cette argumentation soit suffisante. Car même si vous réussissez à faire évoluer les états d’esprits, vous allez vous confronter à un problème de compétence. Ce n’est pas parce que votre manager aura compris l’intérêt et l’efficacité du storytelling qu’il sera capable de le mettre en pratique dans ses présentations. Et face au risque de mal faire ou d’apparaître en difficulté, beaucoup renonceront à évoluer sans jamais oser le dire.

04Il ne vous reste plus que la technique des petits pas. L’objectif n’est pas de faire la révolution ! Vous pouvez apporter, présentation après présentation, des améliorations qui apparaîtront ponctuellement comme des nouveautés, mais qui deviendront rapidement de nouveaux standards. Même si il est difficile d’aller lentement lorsqu’on est animée par l’enthousiasme de changer les choses, votre rythme sera plus respectueux pour la courbe de deuil et plus compatible avec les réticences incontournables de ceux qui n’ont « jamais fait comme ça ».

A propos de Mégane Cajot

Mégane a vécu sa première expérience du Pitch en se prêtant à l'exercice lors de la première édition de VivaTechnology en 2016. Par la suite, ses différentes expériences dans l'écostystème des startups d'EURATECHNOLOGIES, lui ont fait prendre conscience que ce qui l'anime c'est de soutenir et accompagner les porteurs de projets. Après plus d'un an chez PUBLICIS et une expérience internationale pour découvrir le monde, elle est revenue en France avec une forte envie de partager tout son savoir en continuant d'apprendre de ceux qu'elles rencontrent. Déterminée à faire de sa passion son métier, elle rejoint ZEPRESENTERS en 2019. Travaillant en binôme avec les fondateurs Bruno CLEMENT et Sébastien BERNARD, elle a déjà travaillé sur de nombreux projets avec TF1, ADEO ou RABOT DUTILLEUL. Sa mission : vous aider à transfortmer des stratégies complexes en des histoires claires, inspirantes et incarnées. Son motto : Se lancer, c'est déjà un premier pas vers la réussite.