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Les bonnes occasions de s’entraîner à argumenter pendant les fêtes de fin d’année

Vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bon ou de mauvais débat. Moi, si je devais résumer mes convictions aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des points de vue. Des gens qui m’ont inspiré, peut-être à un moment où je ne savais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une opinion… Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face je dirais, le miroir qui vous aide à débattre. Et finalement, quand des gens me disent « Mais comment fais-tu pour bien argumenter ? », je leur réponds très simplement que c’est ce goût du storytelling, ce goût donc qui m’a poussé aujourd’hui à entreprendre une construction mécanique… mais demain qui sait ? Peut-être simplement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de cette méthodologie pour s’entraîner à argumenter.

 

LE RÉFLEXE DE LA JUSTIFICATION

Ça y est, le repas de Noël arrive. Et chaque année c’est la même chose, vous allez vous retrouver à la foire-fouille des débats. 

Cette année c’est le jackpot. Pas parce que vous venez de décrocher un poste en tant que responsable secteur pour un grand groupe de charcuterie, mais parce que vous avez le droit d’être entouré à table de votre tante, fondatrice d’une association pour le droit des animaux et de votre cousin végétarien.

Et oui, vous sentez déjà le malaise s’installer… Mais ce n’est pas une raison pour vous laisser intimider. Et même si vous étiez persuadé que le débat sur la viande animale allait arriver, vous ne vous attendiez pas à ce qu’il arrive aussitôt, dès l’entrée, merci tata ! 

“J’ai appris que tu avais décroché un CDI, c’est super ça, mais alors pourquoi la charcuterie ? Il y a quand même plus humain comme métier.”

Hop hop hop, avant de répondre :

De manière générale, nous avons tendance à justifier nos choix car nous avons l’impression d’avoir en face de nous des personnes qui essayent de nous piéger avec leurs questions. Se justifier ne viendra que renforcer la position de la personne qui vous pose la question, soyez donc plus malin et posez vous cette question magique : 

Pourquoi me pose-t-elle cette question ?” (que cherche telle à savoir ou sous entendre). Si la question est trop vague, pensez à reformuler pour être sûr d’avoir bien compris. Une fois que vous êtes prêt, vous allez enfin pouvoir commencer à argumenter en prenant en compte les résistances de votre interlocuteur.

 

LES RÉSISTANCES RATIONNELLES

Personne n’aime qu’on lui résiste, mais c’est bien parce qu’une personne n’est pas d’accord avec votre point de vue que vous allez pouvoir argumenter pour défendre le vôtre et ainsi mettre en valeur votre position. Pour valoriser votre point de vue, il existe 3 temps.

Les enjeux

Avant de tout de suite répondre à la question, n’oubliez pas de recontextualiser. En effet, montrez à votre interlocuteur que vous avez bien compris son problème et vous l’avez bien entendu pris en compte.

“J’ai conscience que la charcuterie est un domaine controversé avec beaucoup d’aprioris et de clichés” 

Les actions

Une fois que votre interlocuteur se retrouve face à son problème, il sera prêt pour écouter le pourquoi, comment vous faites les choses. Quelles actions avez-vous mis en place pour répondre au problème que peut se poser votre interlocuteur.

« Cependant, je suis un passionné par cette industrie, notamment sur la partie des nouveaux process qui oeuvre pour le bien-être animal”

Les conséquences

Les actions que vous mettrez en place ont un objectif précis, dans cette troisième partie de votre argumentation venez lister les conséquences de vos actions, qu’est-ce qu’on y gagne de plus, de nouveau ?

« C’est pour cela que j’ai choisi cette entreprise qui permet de respecter les animaux tout en offrant au consommateur des produits de qualité.”

Une fois que vous avez fini cette boucle en trois parties, vous pouvez la répéter sur d’autres résistances que peut éprouver votre interlocuteur. Attention cependant à bien déterminer la typologie de la résistance car celle-ci peut être émotionnelle. Et dans ce cas, argumenter ne vous aidera pas beaucoup…

 

LES RÉSISTANCES ÉMOTIONNELLES

Dans de nombreux cas, nous avons en face de nous des personnes qui ont des résistances dites émotionnelles (ce qui est le cas dans le débat végan/carnivore, il y a un aspect rationnel mais surtout très émotionnel), qui vont vous demander d’utiliser une émotion particulière : l’empathie. 

Les résistances émotionnelles sont des résistances très fortes qui émanent du vécu, de la vie, de l’expérience ou encore des opinions de votre interlocuteur. Dans ce cas, tout le monde a raison. Tout est question de point de vue et de réalité, chacun le sien. Et personne ne sera vraiment prêt à abandonner ses convictions. C’est pourquoi il est inutile de chercher à prouver que vous avez raison. Prenez le temps de venir lever cette résistance en vous mettant à la place de votre interlocuteur et en formulant sa résistance : “Je reconnais que ce n’est pas facile”, “Je comprends que ce soit difficile”, faites preuve d’empathie envers votre interlocuteur pour ensuite lui faire part de votre solution, votre point de vue.

Mise en situation :

“L’abattage de masse des animaux est un sujet très sérieux. Ils sont des êtres vivants et méritent d’être traités en tant que tels. C’est pourquoi je n’ai pas choisi cette boutique par hasard. Il y a une véritable volonté de faire mieux, avec plus de responsabilisation. » 

 

Vous l’aurez compris, lorsque vous serez à table, le 24 au soir ou le 25 au matin, à côté de ce cousin ou cette tante qui ne partage pas les mêmes opinions que vous; pensez à argumenter et non vous justifier. Sachez écouter pour ne pas contre-argumenter, mais rebondir. Mettez-vous à la place de votre interlocuteur pour mieux comprendre son point de vue, ses attentes, et vous permettre de pratiquer une méthode qui deviendra automatique pour vous, même dans votre vie professionnelle ! L’objectif n’est pas de convertir votre auditoire à vos opinions mais de l’accompagner pour qu’il soit en mesure de comprendre et entendre votre position.