Comment maintenir le leadership dans une langue étrangère

Prendre la parole dans une langue étrangère

Savez-vous ce qu’il existe de plus stressant que de devoir prendre la parole en public pour présenter une idée ou un projet ? Devoir prendre la parole en public pour présenter une idée ou un projet, dans une AUTRE langue que votre langue maternelle ! (Nager avec les requins aussi, ça pouvait fonctionner comme réponse on vous l’accorde.). Car même quand on est familier avec l’exercice de la prise de parole, on entre dans un tout autre niveau de difficulté. Difficile de toujours trouver les bons mots pour s’exprimer. Difficile d’atteindre le niveau de nuance nécessaire pour bien faire passer nos idées. Difficile de transmettre les mêmes émotions que si on avait eu l’occasion de présenter dans sa langue maternelle. En bref, c’est fichetrement frustrant. Car il n’y a rien de pire que d’avoir envie de s’exprimer mais d’avoir le sentiment que les moyens nous manquent pour réussir. Et ça, c’est sans parler de la peur de se ridiculiser à coup de fautes de grammaire combinées à notre accent à couper au couteau … Alors présenter dans une langue étrangère : comment faire ? Cette semaine, on vous livre 3 conseils essentiels pour vous préparer ou préparer quelqu’un d’autre à présenter dans une autre langue.

Personne n’est parfait, ce n’est pas la fin du monde si votre grammaire non plus !

Quand on s’apprête à s’exprimer dans une langue étrangère, une des craintes les plus universelles reste celle de ne pas trouver ses mots. De ne pas trouver LE bon mot au bon moment, voire pire, de se retrouver complètement figé car dans notre tête, c’est la page blanche … Et quand cela arrive, ce n’est jamais très agréable.

On a rapidement l’impression de se ridiculiser voire de se décrédibiliser complètement. Et là, le problème c’est que c’est le serpent qui se mord la queue. On en vient à appréhender de prendre la parole. Le jour J, on se retrouve plus concentré sur le choix de ses mots que sur le fil de ce que l’on raconte et le message que l’on veut faire passer.

Paradoxalement, on passe donc à côté de ce que l’on était venu faire. Il arrive même qu’on en vienne à faire d’autant plus de fautes ou de pauses tellement le problème nous obnubile. Et lorsque l’on vit une mauvaise expérience, c’est que l’on redoute d’autant plus la suivante. C’est donc un problème sans fin !

Alors pour mettre fin à ce cercle vicieux de stress qui nuit tout autant à votre propos qu’à votre santé mentale, il est important de toujours être très au clair sur votre objectif de présence. C’est-à-dire pourquoi vous venez prendre la parole et ce que les gens attendent de vous. Il y a fort à parier que votre audience ne se soit pas réunie pour recevoir un cours ou une démonstration de votre maîtrise de la langue, n’est-ce pas ? Vous n’avez pas non plus pour objectif d’être embauché comme traducteur ?

Vous êtes là pour les convaincre d’une idée, pour apporter une solution à un de leur problème ou pour leur assurer que le projet avance bien. Alors concentrez-vous sur cet objectif avant toute chose ! Ainsi, si vous faites une faute ou si vous avez un trou, vous reprendrez plus facilement le fil de vos idées et trouverez un mot utile, une nouvelle piste pour vous aider. (Et oui ! En cas de difficulté : il est toujours plus efficace de penser “Quelle est l’idée que j’ai envie de faire passer ?” que “C’était quoi le mot que je cherchais déjà ?”). 

Gardez en tête, qu’il y aura toujours un mot plus juste, plus nuancé, plus grammaticalement correct que celui que vous avez employé. Cela ne sert donc à rien de mettre toute son énergie dans ce combat déjà perdu d’avance. Mais ce n’est pas grave ! Car l’important n’est pas d’être parfait, l’important c’est d’être compris.

Le célèbre “Ich bin ein Berliner” de John Fitzgerald Kennedy en est le meilleur exemple ! Pendant des années, certains ont débattu sur la syntaxe de cette phrase qui a marqué l’histoire. Pour eux, en voulant dire “Je suis un Berlinois” et Kennedy aurait déclaré : “Je suis un beignet”. (Fun fact : la tournure de phrase choisie par Kennedy était tout à fait correcte).

Toujours est-il que si “la faute potentielle” a pu participer à l’effet de halo autour du discours, il n’en demeure pas moins que celui-ci a marqué l’histoire avant tout pour son sens et son intention. Concentrez vous sur votre message et sur la bonne compréhension de celui-ci coûte que coûte quitte à devoir vous reprendre. Vous verrez, cela sera d’autant plus efficace que de chercher à être grammaticalement irréprochable.  

Vous n’êtes pas bilingue ? Tant mieux, utilisez cela à votre avantage.

Vous en conviendrez, un des plus grands défis commun à toute prise de parole, consiste à maintenir l’intérêt d’un auditoire pour ce que vous racontez. (Que celui qui ne s’est jamais ennuyé pendant une présentation corporate mal amenée lève la main droite et dise “je le jure !”).

Pour y arriver, pas de secrets ! D’une part, il est indispensable d’avoir bien préparé le fond et la structure de son intervention (on en parle plus longuement ici). Mais aussi, d’avoir réussi en tout 1er lieu à capter l’écoute de votre auditoire. Et oui ! Vous aurez beau avoir la meilleure idée du monde, si vous n’avez pas capté l’attention de votre audience et donné envie de vous écouter, cela ne sert à rien !

Pour réussir cet exploit, il existe une multitude de techniques possibles (si ça vous intéresse, rendez-vous ici). Mais dans notre cas, merveilleuse nouvelle ! Vous possédez déjà un atout de taille pour capter l’attention de votre auditoire : vous n’êtes pas bilingue ! Et si en plus, vous avez un accent un peu prononcé ? Et bien, c’est double jackpot !

Pourquoi ? Déjà, tout simplement parce qu’il y a de fortes chances que cela surprenne les gens en face de vous. Et quand on enchaîne 10 présentations de projets les unes à la suite des autres, on aime bien quand il y a ne serait-ce qu’un peu de changement ! De plus, dites vous bien qu’il y a de fortes chances pour que votre public soit d’autant plus attentif à votre propos.

Soit, parce qu’il respectera la performance sachant que vous n’êtes pas en position de confort. (Et oui ! Si vous vous infligez l’exercice de la présentation dans une autre langue, c’est bien que cela doit en valoir la peine !)Soit, tout simplement et bien … parce que cela leur demandera plus d’efforts pour vous comprendre. Alors attention, cela ne veut pas dire pour autant qu’il faut en surjouer, ou prendre un accent à couper au couteau, voire incompréhensible.

Cela veut dire que contrairement à ce que l’on pourrait croire, cela PEUT jouer en votre faveur ou même vous donner une longueur d’avance et vous permettre de vous démarquer des autres orateurs. 

Qui plus est, si vous réussissez votre intervention dans une langue étrangère, c’est le triple jackpot ! Car votre prestation n’en sera que plus impressionnante pour votre auditoire. (Et oui, un héros qui n’affronte pas d’épreuve, ça en jette quand même beaucoup moins.). 

(Dans le même registre : Si vous n’êtes pas encore à 100% à l’aise avec la langue dans laquelle on vous demande de parler, ne cherchez pas à tout prix à avoir le bon accent. Si on vous prend pour un natif, on vous pardonnera difficilement une erreur potentielle. Alors qu’à l’inverse, on saluera plus facilement l’effort accompli.)

La répétition n’est pas une option !

Attention c’est peut-être le conseil le plus important de cette page ! Vous vous apprêtez à vous lancer dans un exercice périlleux et qui plus est sans le filet de sécurité qu’est votre langue maternelle. 

Il est donc d’autant plus indispensable de passer par la case répétition avant de vous lancer sur scène. On le rappelle, le but d’une répétition n’est pas d’être parfait, mais de faire les erreurs que l’on ne commettra pas le jour J. Répétez une, deux, trois (dix fois même !)  en fonction du temps que vous avez devant vous. Cela vous permettra de faire d’une pierre deux coups. 

D’une part cela vous mettra en confiance pour le Jour J, car vous vous serez déjà entendu présenter le sujet et vous aurez conscience des passages complexes de votre discours. Et d’autre part cela vous permettra de vous rendre compte du vocabulaire qui vous manque potentiellement et de chercher les mots en amont de votre présentation.

Nous insistons sur ce passage, ne travaillez pas uniquement le discours dans votre tête. Vous verrez que certaines choses qui sonnent bien dans notre esprit, fonctionnent moins bien à l’oral. Il est donc important de rectifier le tir ! Car on garde en tête que l’important, c’est qu’en face on vous comprenne. 

En conclusion, prendre la parole dans une autre langue que vous vous soyez expatrié ou que cela soit ponctuel, n’a rien d’une promenade de santé. C’est frustrant, stressant voire carrément tétanisant. Mais il ne tient qu’à vous d’en tirer le meilleur ! Votre posture face à l’exercice fera toute la différence en attendant que votre maîtrise de langue se perfectionne. Il ne nous reste plus qu’une seule chose à vérifier … HOUSTON DO YOU COPY ?

 

A propos de cecilechuffart

Cécile s'est initiée au storytelling au sein de grandes maisons de luxe. Animée par l'envie de défendre les idées et ceux qui en sont à l'origine, c'est bien de fils (narratifs) en aiguille qu'elle décide de rejoindre ZEPRESENTERS, avec un seul objectif en tête : tisser des histoires fortes pour rendre chaque idée désirable !