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Comment rendre les présentations interactives ?

Bien souvent quand on entend le mot « présentation », on pense presque immédiatement à une prise de parole « descendante » où une minorité parle debout devant une majorité assise qui écoute et qui le plus souvent… s’ennuie.

Et quand on pense à la quantité de réunions, de séminaires, de points stratégiques à laquelle on assiste chaque année et à comment la majorité de celles-ci se déroulent… Difficile de dire le contraire ! Particulièrement lorsque l’on n’a pas son mot à dire pendant 45 minutes.

La bonne nouvelle c’est que : si pendant des années en entreprise, il y avait une sorte de consensus, de résignation quant à l’exercice (« On ne peut rien y faire si les gens s’ennuient, c’est une réunion ! »). Il semble qu’aujourd’hui on assiste à une sorte de réveil général.

On voit fleurir dans les présentations des moments spécialement conçus pour ré-équilibrer le partage de parole. Des moments où l’on cherche à re-créer une interaction avec son auditoire. Vote à main levée, quizz, nuage de mots, sondage en live, etc. Tous les moyens sont bons pour venir rompre avec les présentations monotones et monocordes ! 

Mais s’il est vrai que ces interactions sont un très bon moyen pour venir changer de rythme, encore faut-il savoir en faire bon usage ! Alors aujourd’hui, on vous propose de faire le point sur ces interactions, en vous partageant 4 commandements, à avoir en tête, quand on cherche à rendre ses présentations interactives. 

 

1/ Le format “descendant”, tu ne craindras pas. 

Quand on va au cinéma ou encore au théâtre c’est descendant. On n’intervient pas pour discuter avec les acteurs ou donner son avis. Et pour autant on ne s’ennuie pas ! Au contraire, il nous arrive même d’y rester pendant des heures. 

“Oui mais c’est un film, c’est différent !” nous direz-vous ?

Quand bien même ! On a déjà tous rencontré dans nos vies un orateur, un conférencier ou même un professeur qui nous a parlé pendant des heures sans que l’on ne s’en rende compte. (Mr Dalloz si vous lisez ces lignes : Merci.

Cela prouve bien que  “format descendant” n’est pas forcément synonyme de pénible et ennuyeux. Mais ce qui est certain c’est qu’il vaut mieux avoir travaillé sur la structure de son propos pour éviter l’encéphalogramme plat (“On les a perdus docteur ! Heure de la sieste collective 14h pour cause de réunion hebdomadaire.”

Si cela vous intéresse et que vous souhaitez en savoir plus sur comment structurer votre prise de parole, on vous invite à lire cet article.

 

2/ L’interaction purement récréative, tu éviteras. 

Si l’interaction peut se révéler être un très bon moyen pour contrebalancer un rythme de présentation. Attention cependant aux interactions uniquement faites parce que l’on a peur que les gens s’ennuient ! 

C’est ce que l’on appelle “l’interaction récréative”. 

Même si, l’interaction récréative peut venir donner du souffle dans une présentation, il n’y a rien de pire pour un public que de se rendre compte que ce que l’on nous demande de faire ne sert à rien ! En tant qu’orateur vous prenez le risque de décupler le sentiment que l’on est en train de perdre son temps. Et le souci, c’est que le temps c’est plutôt précieux ! Votre auditoire risque donc de vous en tenir rigueur et il sera alors très difficile de susciter à nouveau son intérêt.

Considérer l’interaction uniquement comme une pause, c’est risquer de perdre du sens alors que ce que l’on vient présenter est important. 

 

3/ L’interaction utile, tu privilégieras.

Pour ne pas perdre le cap quand on prépare sa présentation, il faut garder en tête que l’interaction est un outil précieux qui doit être utile pour vous, mais AUSSI pour votre auditoire.

Pourquoi ? Parce que c’est un moment pendant lequel ceux qui vous écoutent ont d’un seul coup leur mot à dire. En répondant à des questions, à des quizz, ils vont partager avec vous un avis. Et il est important de montrer que cet avis compte. D’où l’intérêt, soit de venir présenter les résultats de votre interaction immédiatement ou soit de prévenir que les informations sont bien prises en compte mais que vous n’y reviendrez que plus tard. 

L’interaction utile pour vous comme pour votre auditoire vous permettra : 

  • De confirmer grâce à leur avis le sens de votre stratégie.
  • De répondre à des questions qui pouvaient entraver la réflexion de votre auditoire.
  • Et surtout de mesurer l’état d’esprit du public qui vous fait face.

 

4/ L’expérience de l’auditoire, tu enrichiras :

Une présentation peut toujours être conçue comme une expérience que l’on s’apprête à faire vivre à son public. Et cette expérience commence bien avant votre prise de parole et se poursuit bien après. Voici trois moments où les interactions peuvent enrichir cette expérience.

1.En amont de votre prise de parole 

Chercher à interagir avec votre futur auditoire avant votre prise de parole peut certes sembler audacieux au 1er abord, voire même un peu intrusif, mais cela peut être extrêmement précieux !

En effet, proposer un quizz ou un sondage, en avance de phase, peut vous permettre : 

  • D’une part, de mieux mesurer les attentes d’un public quant à votre sujet et vous permettre d’ajouter un angle d’approche que vous n’abordiez pas ou auquel vous n’aviez pas pensé mais qui semble attendu. 
  • Mais aussi, de connaître “statistiquement” quel est le niveau de connaissance de votre public sur votre futur sujet et donc de potentiellement connaître quelles sont leurs difficultés. Cela vous permettra de déterminer s’il est nécessaire ou non de prendre du temps pour faire de la pédagogie.

Mettre en place une interaction qui permet de « tâter le terrain » en amont de sa prise de parole, c’est donc se donner les moyens d’adapter son discours et la pertinence de celui-ci auprès son public. Et ce, dès les premiers mots de votre introduction ! Si l’interaction a été transmise à tous les participants, cela peut être en effet une très bonne entrée en matière sur laquelle débuter le jour J.

2. Pendant la prise de parole 

C’est une chance de pouvoir interagir directement avec votre auditoire. Et pour donner la parole à votre public, rien de mieux que d’aménager une/des plage(s) de questions. Plus il y a de questions, plus cela veut dire que votre propos suscite de l’intérêt. En revanche, il arrive souvent qu’il n’y ait pas toujours autant de question qu’on le souhaiterait. Auditoire timide, absence de question à un instant T, réflexion en cours mais pas encore aboutie, oubli de la question précédente etc … La liste des raisons de non-participation peut être longue !

Alors n’hésitez pas à utiliser le digital à votre avantage, en mettant à disposition des participants un espace où ils peuvent poser leur question à n’importe quel moment de la présentation.  

On vous invite aussi (dans la limite du possible) avant chaque thématique à ne pas hésiter à relancer un petit quizz ou un nuage de mots pour identifier quelles sont les préoccupations de votre auditoire et les inciter à participer. 

3. Après la prise de parole 

Le traditionnel sondage qui permet de prendre la température quant à la satisfaction des participants à l’événement est toujours une bonne idée. Rassurant quant à la pertinence des prises de paroles, il est très répandu en entreprise. Attention cependant à ne pas tomber dans l’écueil du syndrome du “bon élève” avec des questions orientées dans un seul but : rassurer les orateurs sur le fait qu’ils ont bien travaillé. Un sondage post-prise de parole est une véritable mine d’or dès qu’il permet d’identifier des points d’améliorations.

La seconde interaction intéressante à animer en fin d’événement (et qui est probablement la plus importante) : est celle qui permet d’optimiser l’engagement. Il arrive souvent qu’à la fin d’une prise de parole, les participants soient convaincus et emballés par ce que l’on vient de leur présenter. L’objectif semble donc atteint ! Sauf que… Trois semaines plus tard, au final, rares sont ceux qui ont mis en œuvre ce qu’on avait pourtant mis tant d’efforts à leur transmettre. Alors comment dépasser le simple engouement et favoriser l’action ? 

Des études montrent que l’on change d’autant plus que l’on s’est engagé à changer. Ce qui veut dire que si vous obtenez de votre auditoire un “Oui je vais le faire” clair, il seront en moyenne 20% à 30% de plus à vraiment se mettre en mouvement. C’est un biais cognitif ! Une fois que l’on a formulé par écrit ou de vive voix son potentiel engagement, on aura tendance à se sentir contraint de le respecter. Alors n’hésitez pas à ré-engager  votre public, en fin de présentation ou par mail quelques jours plus tard, en lui demandant : “Quel est votre prochain pas ? Quel est le projet ou l’action que vous pourriez mettre en place dès lundi ?” 

 

En conclusion, lorsque l’on parle d’interaction, le champ des possibles est absolument immense. Et pour bien vous guider dans vos décisions n’hésitez pas, lorsque vous préparez votre intervention, à vous poser la question suivante : “En quoi cette interaction pourrait-elle m’aider ou aider mon public ?”. Vous verrez, vous ferez les bons choix !

Et vous ? Quand allez-vous essayer de glisser une interaction dans votre présentation ?

A propos de cecilechuffart

Cécile s'initie au storytelling au sein de grandes maisons de luxe. Animée par l'envie de défendre les idées et ceux qui en sont à l'origine, c'est bien de fils (narratifs) en aiguille qu'elle décide de rejoindre ZEPRESENTERS, avec un seul objectif en tête : tisser des histoires fortes pour rendre chaque idée désirable !