Comment éviter le discours sans fin ?

Comment éviter l’effet “discours sans fin” ?

Tout avait pourtant si bien commencé ! Une belle entrée en matière, qui a fait décoller les yeux des ordinateurs. Un projet présenté clairement étape par étape, avec des arguments convaincants et impactants. Cerise sur le gâteau, même la petite touche d’humour a provoqué l’effet attendu ! Bref, c’était un véritable succès. Mais, c’était sans compter votre conclusion ! Car les phrases s’enchaînent et le point final se fait attendre. Malédiction ! Vous êtes pris au piège dans votre propre flot de paroles et votre audience aussi. Et ce qui devait être le discours du siècle, se transforme en un énième discours interminable … Alors, comment faire pour éviter cet effet “discours sans fin” bien plus regrettable que mémorable ?

Et bien, cette semaine nous faisons le point sur trois mauvais réflexes. Trois mauvaises postures qui nous empêchent de finir les prises en parole en beauté.

 

POSTURE 1 : “La conclusion ? Pas besoin de s’inquiéter, je vais improviser !”

Au moment de la conclusion d’une prise de parole, il arrive très souvent que l’on ressente un sentiment de soulagement. La terrible épreuve de l’introduction est passée. Les efforts pour présenter le cœur de présentation ont été fournis. Bref, c’est comme si on avait fait le plus dur ! 

Et c’est justement là, que l’on tombe dans le piège ! Car on finit très souvent par bâcler ce passage important. Voire à ne pas du tout le préparer en amont, contrairement au reste. Et ça, c’est particulièrement dommage. Déjà, parce que cela nuit à l’impression globale générée par votre présentation. (Alors que pourtant on en avait fait des efforts pour que ce soit bien !). Mais c’est surtout dangereux parce que la dernière impression, c’est bien celle qui RESTE. 

Vous avez envie de mettre en mouvement votre audience ? Qu’ils reviennent vers vous ou tout simplement qu’ils aient un souvenir positif ? Alors, il est indispensable de ne JAMAIS négliger cette partie ! (Promis, maintenant que c’est clair, on arrête avec les mots en lettres majuscules). Ne laissez jamais l’impact de votre prise de parole dans les mains du hasard ou au feeling. Même si vous êtes bon en improvisation ! C’est d’autant plus important, que c’est la partie où on est le plus susceptible de faire des boucles voire de radoter. Et donc de se perdre dans son propos et de perdre en impact. 

Notre conseil relève de la discipline : toujours préparer en avance cette partie. Et même, allez jusqu’à apprendre par coeur votre/vos phrase(s) finale(s). Et oui ! Lorsque l’on saute en parachute, mieux savoir où l’on a prévu d’atterrir…

Ainsi, vous verrez que vous serez plus impactant mais aussi plus en confiance. Imaginez par exemple que le temps vous manque en bout de course pour raconter ce que vous aviez prévu. Si votre conclusion a été réfléchie en amont : il vous sera plus aisé de retomber sur vos pattes ! 

Maintenant que nous sommes convaincus de l’importance de bien préparer ses conclusions en avance, que doit-on mettre dedans ? 

 

POSTURE 2 : “La conclusion ? C’est simple, il me suffit de me répéter !”

On l’a dit précédemment, la conclusion est un temps décisif. A cette étape, il peut donc être tentant de venir répéter des informations importantes avec lesquelles on a vraiment envie que le public reparte. Et en effet, c’est plutôt une bonne idée ! Surtout quand on sait que la répétition fixe la notion. 

Mais attention au piège de l’excès ! Ce n’est plus le moment de revenir ré-expliquer dans le détail comment fonctionne votre solution. Ni de recommencer votre introduction ! Autrement vous risquez de donner l’impression de revenir en arrière dans votre discours. Parfois même de rajouter de nouveaux détails non essentiels à ce que vous avez précédemment expliqué. (Voire même contradictoires à force de vouloir trop en dire…). Ce qui, vous l’imaginez bien, peut directement nuire à votre crédibilité !

Alors plutôt qu’un temps de répétition, considérez votre conclusion comme un moment où l’on vient “ramasser la copie” ! Pourquoi ? Parce que ramasser la copie implique d’avoir fait le tri. C’est choisir de ne divulguer que les informations essentielles pour mettre votre audience en mouvement. D’une part, demandez-vous : “Si je recroise mon public après 3 jours quels sont les messages clés, que j’aimerais entendre ?”. Cela vous permettra d’identifier les bons messages sur lesquels vous avez envie d’insister. (Tout le reste n’est donc pas essentiel !). 

Dans un second temps, profitez-en pour faire le point sur les bénéfices liés à la mise en place de votre idée, projet, stratégie. Pour y arriver, faites l’exercice de lister tous les bénéficiaires profitant de vos projets, et les bénéfices associés. Vous verrez conclure sur vos bénéfices, c’est doublement utile ! Tout d’abord, cela permet de finir sur une note positive . Et surtout,  cela permet de rappeler que vous ne vous embêtez pas pour rien ! C’est-à-dire qu’il y a bien quelque chose à gagner à mettre en place votre projet. (Et plus il y en a, mieux c’est !)

 

En utilisant ces deux techniques vous serez capable : 

  1. De faire le tri entre répétition “utile” et répétition “futile”.
  2. De venir complémenter ce qui a été énoncé précédemment sans vous répéter. 
  3. De vous assurez que tous repartent avec à peu près le même niveau minimum d’information. (Parce que qui dit conclusion, dit souvent regain d’attention !)(Et oui, bientôt la fin !) 

 

POSTURE 3 : “La conclusion ? Une envolée lyrique et le tour est joué !”

Et si la fin, c’est ce qui reste, vous imaginez bien que vos derniers mots sont aussi extrêmement importants ! C’est aussi, très souvent, le moment où c’est la panique à bord ! Où on peut vite avoir l’impression de courir après la ligne d’arrivée. Ou de ne pas savoir comment arrêter le train en marche. Et là très souvent cela se résout en deux cas de figures. Soit les orateurs finissent par un “voilà”. Qui a le bénéfice de couper court au propos mais qui fait aussi l’effet d’un soufflet qui tombe à plat. (Cf le très célèbre discours d’Amonbofis dans le film Astérix et Obélix Mission Cléopâtre). Soit ils finissent par une envolée lyrique à la limite de la réflexion philosophique. Ce qui sonne la plupart du temps creux et peut durer longtemps … 

Notre conseil à ce sujet, c’est de toujours chercher à finir par quelque chose d’utile. Utile pour vous, mais aussi pour votre audience. Et à ce stade, il n’y a rien de plus utile que de venir renseigner votre public sur l’étape d’après. Par exemple, quel est le prochain rendez-vous ? De quoi avez-vous besoin pour passer à l’étape suivante ? Qu’est ce que votre public peut faire si ce qui l’a entendu lui a plu ? En gros de venir formuler clairement le call to action dont vous avez besoin. 

Cela vous permettra de mettre en mouvement votre auditoire dans la direction souhaitée. Mais aussi de conclure assez facilement, car cela apporte le sentiment d’un vrai point final. En résumé, c’est un doublé ! Vous gagnerez en confort tout en gagnant en impact !

Vous l’aurez donc compris, une conclusion cela se travaille autant qu’une introduction ou une argumentation ! Mais prendre soin de ce moment précieux, au bout du compte, c’est prendre soin de votre projet et de votre audience. Mais aussi de vous, de votre crédibilité et de votre impact.  Maintenant, une bonne conclusion ne peut pas tout sauver ! Et il arrive que l’effet “discours sans fin” puisse démarrer bien avant ce moment … (Et oui, il n’est pas toujours évident de savoir structurer son propos !).  Que cela vous intéresse ou que vous demandiez pour un ami,  pas de soucis ! Les conseils continuent par ici !

PS : A votre avis, comment avons nous construit la conclusion de cet article ?

*DROP THE MIC*

 

A propos de cecilechuffart

Cécile s'est initiée au storytelling au sein de grandes maisons de luxe. Animée par l'envie de défendre les idées et ceux qui en sont à l'origine, c'est bien de fils (narratifs) en aiguille qu'elle décide de rejoindre ZEPRESENTERS, avec un seul objectif en tête : tisser des histoires fortes pour rendre chaque idée désirable !